Movie Babe
Stella Star
Caroline Munro
(Starcrash!, "Starcrash! le choc des étoiles"- 1979)
La bande-annonce de "Starcrash" lors de la sortie du film à la fin des années 70. Un film inoubliable dans
son genre!
Stella Star sur une chanson chantée par Caroline Munro en 1984 dans le film "Don't Open 'till
Christmas".
Starcrash!
Oui, je vous vois d'ici, vous ouvrez de grand yeux et vous regardez cette page d'un air
stupéfait... Qu'est ce que c'est que ça, "Starcrash"??
Imaginez une pale copie de "Star Wars" réalisée avec un budget réduit par les Italiens
de Cinecitta et avec un scénario et des effets spéciaux très...approximatifs!
La contrebandière Stella Star, accompagnée de son fidèle compère
Akton, est arrêtée par la police spatiale. Condamnés tous deux à des travaux forcés, leur peine est commuée par l'empereur galactique (son titre
complet étant "Empereur du
Premier cercle de l'univers intersidéral"...) en mission
"obligatoire" menée pour la couronne. Stella Star va devoir retrouver un vaisseau perdu, pas n'importe lequel puisqu'il transportait Simon, le fils de l'Empereur (joué par David Hasselhof
quelques années avant "Knight Rider").
Aidée par le robot policier Elias
(Elle en V.O.), Stella Star va croiser la route de l'infame comte Zarth Arn, une sorte de
simili-Ming échappé de Flash Gordon, qui veut évidemment contrôler toute la galaxie... (Pourquoi "évidemment"?).
Après avoir retrouvé Simon qui sauve
Stella grâce à son masque "concentrateur d'énergie faciale" (oui il y a aussi plein de jargon pseudo-technique à mourir de rire), le trio rejoint l'Empereur qui
déclare la guerre au tyran Zarth Arn et décide d'attaquer sa
forteresse (une grosse base qui ressemble à une main...). Son armée s'élance à l'assaut de la station... avec quatre vaisseaux et juste une poignée de
soldats!
Et oui, dans les films "cheap", même l'Empereur de la galaxie n'a pas les moyens de payer une armée digne de ce
nom...
Même avec son "armée" décimée, l'Empereur de la galaxie ne baisse pas les bras et finira par défaire l'ignoble (ou
ridicule?) Zarth Arn avec la coopération active de la jolie Stella Star en utilisant le "Starcrash", le "Choc des
étoiles".
En fait il s'agit de projeter la Cité Impériale
contre la forteresse de l'abominable Zarth Arn. De là vient donc le titre original: "Scontri stellari oltre la terza dimensione" - Choc
stellaire au delà de la troisième dimension - car en fait la Cité Impériale doit emprunter la Quatrième Dimension pour venir rapidement depuis l'autre bout de la galaxie! Impressionnant
non?
Stella Star est sauvée par Simon (David Hasselhof) coiffé de son masque
amplificateur d'énergie faciale.
La fin est assez insensée et plutôt atroce. Le monologue de conclusion de l'Empereur est sidérant (sidéral?) de
platitude! Un peu comme si le pauvre gars se trouvait seul devant les caméras, sans texte, et qu'il devait meubler la fin:
"Voilà, nous avons gagné. Une fois de plus. Les étoiles brillent, les planètes scintillent. Tout est bien. Oh, je ne me fais pas
beaucoup d'illusion, les puissances maléfiques semblent exterminées...Comme le Phénix, elles renaitront de leurs cendres, mais pour l'instant, tout est calme... Il en sera ainsi pendant
quelques temps...La vie suivra son cours..."
Fascinant, capitaine!
Sans conteste, Starcrash! est un des meilleurs plus mauvais film de la S.F. qui ne vaut pas
seulement pour Caroline Munro mais aussi pour les dialogues farfelus et incompréhensibles, un scénario a peine existant et des maquettes et des effets spéciaux
assez catastrophiques! Un pur bonheur qui, l'air de rien, est plus jouissif à regarder que la "Menace Fantome"!
Il faut se rendre compte que
96 personnes ont été embauchées seulement 2 jours avant le tournage pour faire toutes les miniatures du film. Le design de la cité prouve bien qu'on peut faire une maquette de vaisseau avec n'importe quoi! Les amateurs pourront même reconnaitre des morceaux de maquette de marque Airfix de char "Churchill"
sur la Cité Impériale! Ce sont les magasins de maquettes de Rome qui ont du se frotter les mains, tant il y a de grappes plastiques et d'éléments de kits du
commerce sur les vaisseaux de Starcrash.
A signaler la présence de Marjoe
Gortner (qui a l'air de bien s'amuser), ancien prédicateur évangéliste, reconverti dans le cinéma après avoir fait amende honorable dans un documentaire de
1972 ou il avoue être un escroc et explique comment il procède pour extorquer l'argent aux fidèles! (ce qui n'a servit à rien puisque 40 ans après les prédicateurs usent
toujours des mêmes ficelles que lui pour extorquer plusieurs dizaines milliers de dollars par soirée aux croyants)
Starcrash témoigne du tournant pris par le cinéma italien, ou plutôt d'une descente.
L'âge d'or des peplum et du western spaghetti est bien fini (hélas!), Cinecitta ne peut plus espérer amener des spectateurs dans les salles avec des films qui ne peuvent plus lutter contre les
budgets du cinéma américain. Le cinéma italien entame sa lente agonie et Cinecitta avec lui.
Depuis les années 80, la "cité du cinéma" de Mussolini ne sert plus, bien souvent, qu'à des tournages de films étrangers ou des séries et émissions de télé.
Réalisation de la maquette du vaisseau de
Elias et Thor, à bord duquel va voyager également Stella Star. Tous les détails proviennent en partie de boite de maquettes militaires du
commerce. On note la présence de la casemate d'un "Jagdpanther" allemand au 1/35 à la gauche de la main du maquettiste. Il y
a même des sections de chenilles de char sur les flancs du vaisseau!
Pour une chronique complète et amusante de Starcrash, cliquez sur la photo ci-contre à droite.
Pour une chronique plus courte, cliquez à gauche.
"Curved Space: The Adventures of Stella Star", un recueil de nouvelles dans l'univers de Starcrash vient de
paraitre en septembre 2010 chez Dark League Press. Evidemment, il est en langue anglaise!
Stella Star
Oh oui, elle est heureuse de vivre la belle contrebandière. Avec son pote
Akton, elle se paie de bonnes tranches de rigolades à travers le cosmos, qui plus est, lorsqu'ils sément la police galactique en passant le mur de l'hyper espace. Et si
Akton meurt , et bien soit, c'est avec le robot Elias qu'elle s'éclatera à détruire la forteresse de l'ignoble Zarth Arn.
Quoi dire? Stella Star est le modèle parfait de l'aventurière belle, sexy, maline et combative. C'est l'héroine dans toute sa splendeur: l'héroine de BD par
excellence!
Et, O suprème raffinement, "Stella" et "Star" veulent dire la même chose... Comme les choses sont bien faites!
Point de vue look, on ne peut pas dire qu'elle aille se vêtir au même rayon que Han Solo ou Leia Organa. Il faut plutôt loucher du coté des
personnages féminins de Buichi Terasawa, ou dans les illustrations S.F. des années 70 pour trouver des personnages approchants. En effet, la tenue de Miss Munro nous explose les
rétines et nous dévoile la ligne d'abdos caractéristique de l'actrice anglaise...
En fait, on se demande comment Lucas n'a pas songé à utiliser une arme comme Stella Star dans "A New Hope" pour venir à bout de l'Empire. Elle aurait surement
suffit à déconcentrer le plus endurci des Jedi (ou Sith)...
Le robot Elias doit avoir d'étranges et coupables pensées à la vue de la contrebandière, mais malheureusement c'est le
fils de l'empereur qui aura droit aux faveurs de la belle. Dur d'être un androïde!
Stella Star: Une sorte de Han Solo au féminin... Les
vêtements en moins!
Stella
Star, avec son "Space-Kini", est plus proche des personnages féminins dessinés par Buichi Terasawa (Cobra, the Space Pirate) que de la princesse
Leia...Mais est-ce un hasard? Le manga "Cobra" est paru pour la
première fois en 1977... Ou
était-ce dans l'air du temps?
Caroline
Munro
Caroline Munro est née le 16 janvier 1950 à Windsor, Berkshire, en
Grande-Bretagne.
Sa carrière débute en 1966 lorsque sa mère et un ami photographe envoient des portraits d’elle à un
concours organisé par un journal, pour le « visage de l’année ».
« Je voulais être artiste” dit Caroline “J’ai toujours adoré l’art. Je suis allée à l’école d’art de
Brighton mais je n’étais pas très bonne. Je ne savais pas vraiment quel chemin prendre. J’avais un ami qui étudiait la photographie et il avait besoin d’un modèle, donc il fit appel à moi. Sans
que je le sache, il envoya des clichés à un journal important de Londres. Le célèbre photographe de mode David Bailey avait organisé un concours et je l’ai gagné. »
Cette victoire amena Caroline
Munro a faire ses début dans le mannequinat et son premier travail fut pour le magazine Vogue à 17 ans. Elle déménagea à Londres pour poursuivre
son travail dans la mode et devint un des modèles les plus en vue dans la mode et les pubs TV.
Elle a quelques petits roles de figuration comme dans “Casino Royale” (1967) ou “Where’s Jack?” (1969). Elle signe un contrat de un an avec la Paramount et joue la fille de
Richard Widmark dans “A Talent For Loving” en 1969.
1969 est une bonne année pour Caroline car elle débute une période de 10 années en contrat publicitaire avec la marque de
rhum “Lamb's Navy Rum ». En 1970, elle pose pour le calendrier de la marque sur le pont d’un porte-avion de la U.S. Navy. Son image est placardée dans tout le pays, ce
qui va la mener à un autre rebondissement de carrière.
Ci-contre et ci-dessous: Caroline Munro pose pour la campagne publicitaire de "Lamb's Navy Rum" à partir de 1970 au milieu des appareils de la
U.S. Navy (ci-dessous). C'est aussi cette année que la marque sort son premier calendrier, avec également la belle dans ses pages (nul doute que ce doit être un super collector
maintenant!).
A titre indicatif, le porte-avion est le USS John F. Kennedy (CVA-67), déployé alors en Méditerranée. Les A-6A/B
Intruder (à gauche) appartiennent à la VA-34 "Blue Blasters", les A-7B Corsair II (au centre) à la VA-46 "Clansmen" ou VA-72 "Blue Hawks".
La publicité de gauche est plus tardive car le porte-avion ne sera doté de F-14
qu'en 1975.
"The makers of Manikin Cigars have one aim in life: to bring you sheer enjoyment!"
Et oui, quoi de mieux comme "sheer enjoyment" que Caroline Munro, agée d'une petite vingtaine d'années, courant en petite tenue dans la jungle pour un spot TV au début des années
70.
Manikin Cigars était une gamme de petits cigares créée au début du XXe siècle et produite par la
société britannique James Reykers Freeman & Son Limited.
Le nouveau directeur de la Hammer Films, Sir James Carreras, remarque la jeune
femme sur une affiche et demande alors à son bras droit, James Liggett, de la trouver et lui faire faire un bout d’essai. Elle signe aussitôt un contrat d’un an et son premier
film pour la société de production marque un tournant dans sa carrière. C’est sur les plateaux de tournage de « Dracula AD 1972 » (avec Christopher Lee et Peter Cushing) qu’elle décide
de devenir actrice à part entière. Jusque là elle n’était considérée que comme un mannequin qui ne faisait que quelques petits rôles en marge de son métier.
Elle tourne, entre autres, dans « The Golden Voyage of Sinbad », “Captain Kronos”, “At the Earth’s Core”, “The Spy who loved me”, “The New Avengers” (Angels of Death , 1977, saison 2,
épisode 2) et “Starcrash”.
Cependant elle met sa carrière en parenthèses dans les années 90
pour se consacrer à sa famille et en particulier à ses filles, Georgina et Iona, et son mari George.
Elle reprend son activité en tant qu’actrice au début des années 2000, avec tout de même des rôles différents puisque Miss Munro vient de fêter ses 60
ans !
Ci-contre: Caroline Munro avec Patrick McNee et Joanna Lumley dans les "New
Avengers".
(Episode "Angel of Death", saison 2 épisode 2)
Miss Munro dans "Captain Kronos, Vampire Hunter" de la Hammer
Film en 1974.
Caroline Munroe dans Dracula AD 1972

Dans "At the Earth's Core" (1976) d'après Edgar Rice Burroughs, Caroline joue le rôle de la princesse Dia.

Dans "The Golden Voyage of Sinbad" en 1974 dans le rôle de Margiana (photo
colorisée).
Dans "L'espion qui m'aimait" (1977), Caroline Munro joue le rôle
de Naomi, la pilote de l'hélicoptère personnel de Karl Stromberg.
Interview Arte TV
Vous souvenez-vous de la première fois que vous avez eu peur ou que vous avez été choquée au cinéma ?
"Ma première peur… J’étais assez petite et ma mère m’avait emmené voir un film, « Carve her name with pride » (NDLR
: de Lewis Gilbert, « Agent Secret S.Z. » en français). Ça parlait d’une résistante Française, pendant la guerre, elle était jouée par l’actrice Virginia McKenna. Et je me souviens de ma peur
quand elle meurt… J’étais trop jeune pour voir ce film, mais j’avais l’habitude d’aller partout avec ma mère et en ce temps-là, il n’y avait pas de censure pour les enfants. C’est une peur dont
je me souviens très bien. Et plus âgée, « Docteur Who », à la télévision."
Et vous voyiez des films fantastiques
?
"Je suppose que oui, mais plus tard. J’ai vu certains des films Hammer plus tard. Nous avions l’habitude d’aller au
cinéma avec mes parents. Mon père m’emmenait voir des choses comme « Davy Crockett ». J’aimais tellement ça qu’il m’y a emmené six fois. J’étais très attirée par le cinéma, mais le fantastique,
c’est venu plus tard."
Comment expliquez vous que vous ayez participé à tant –presque exclusivement- de films fantastiques ou
d’horreur ?
"Je ne sais pas… Pas nécessairement par choix… Je n’étais pas enfermée dans le genre, mais ça semblait être ce qui
me convenait. Je me sentais à l’aise dans les films de genre, même si ça aurait pu être bien que je fasse peut-être plus de films grand public. Je crois que j’ai fait certains films, comme le «
Sinbad » de Harryhausen (NDLR : créateur/directeur des effets spéciaux), ou encore plus « Star crash », parce que je savais travailler avec le blue screen.
Luigi Cozzi, le réalisateur de « Star crash », voulait une actrice qui sache jouer avec le blue screen et pour moi
c’était intéressant parce que c’est comme de redevenir un enfant : on utilise son imagination. Mais en ce qui concerne les films d’horreur, j’ai fait « Dracula », « Capitaine Kronos », « Maniac
», « Les prédateurs de la nuit »… Je ne sais pas pourquoi. En plaisantant à moitié, certains disaient que c’était parce que je criais très bien ! Ah, et Vincent Price : j’ai aussi eu la chance
de travailler avec lui deux fois… J’ai en effet tourné dans un certain nombre de films fantastiques, mais je ne sais pas pourquoi."
Vous avez essentiellement tourné dans des films à petits budgets, mais ça devait être très différent
entre la Hammer d’un côté et Franco ou Lustig de l’autre...
"Oui, c’était vraiment très différent. L’époque aussi était différente : le début des années 70 et puis ensuite les
années 80 avec Jess Franco et Bill Lustig. Je crois que vraiment, les budgets se valaient, parce que les budgets Hammer n’étaient pas énormes, aux alentours de 200 000 livres, je crois,
c’est-à-dire des cacahouètes par rapport à aujourd’hui. Mais alors ! Ils avaient une équipe complète avec une quarantaine de membres : la distribution, de merveilleux réalisateurs, des
costumiers, de fantastiques professionnels de la lumière, d’excellents scénaristes. Ils savaient faire un film pour un budget limité en un temps limité. On devait passer, je crois, quatre
semaines, peut-être cinq, et le film était fait ! Pour « Maniac », je ne sais pas quel était le budget, mais vraiment pas énorme : ils ont vraiment fait du très bon travail. Je ne sais pas
comment ils ont fait, mais Bill était très malin parce qu’il était aussi monteur et il savait comment obtenir le meilleur résultat. Et Joe Spinell était incroyable. J’ai travaillé trois fois
avec lui, c’était extraordinaire."
Est-ce que vous avez préféré l’une ou
l’autre époque ? L’une ou l’autre façon de faire ?
"À la Hammer, même si on avait des délais serrés, on avait tout de même le luxe de pouvoir parfois prendre un peu
de temps. Avec « Maniac » ou « Les prédateurs de la nuit », ça allait beaucoup plus vite, on ne filmait généralement pas plus d’une ou deux prises. À la Hammer, ça semblait moins stressant, on
avait l’impression d’avoir plus de temps. Mais les deux expériences sont formidables, c’était formidable pour moi de pouvoir faire mes débuts à la Hammer, dans le Dracula, parce que j’étais
entourée d’excellents acteurs, bien sûr Christopher Lee et Peter Cushing, mais aussi dans « Dracula A.D. 1972 » (NDLR : de Alan Gibson) il y avait de merveilleux jeunes acteurs –Stephanie
Beacham, Michael Kitchen… J’avais l’impression d’être dans un Brat Pack anglais, avec tous ces merveilleux jeunes acteurs. Moi je n’avais encore rien fait de sérieux alors c’était un
apprentissage fantastique. Pour les films des années 80, j’avais acquis cette expérience et c’était plus, d’une certaine manière des tournages façon guérilla, il fallait y aller à fond, faire
vite. Mais dans un cas comme dans l’autre c’était très excitant. J’ai eu tellement de chance de pouvoir travailler avec tant de gens si passionnants."
Parmi ceux-ci, tout à l’heure vous évoquiez Joe Spinell : dans un des bonus du DVD « Maniac » vous parlez
de lui avec beaucoup d’émotion
"C’était une telle joie de travailler avec Joe. Je me souviens de la première fois que je l’ai rencontré dans les
loges de Cinecitta, à Rome : il jouait le diabolique comte Zarth Arn, il était maquillé, flamboyant, et il est venu me faire un baise main. Il avait un côté très doux. Il vivait sa vie de
manière intense, il jouait aussi de manière intense, mais il était très gentil. Quel fabuleux acteur ! Je crois que c’est Robert de Niro qui a dit, au moment de « Maniac », que c’était le
meilleur comédien américain. S’il avait vécu plus longtemps, je suis sûre qu’il serait allé très loin. Il était superbe."
D’autres personnes vous ont-elles autant marqué que Joe Spinell dans votre carrière
?
"Peter Cushing. Peter était tellement… Gentil et drôle. Il avait un excellent sens de l’humour. Nous avons fait
deux films ensemble, et dans « Centre terre, septième continent » (NDLR : de Kevin Connor) j’ai passé six semaines avec lui et j’ai appris à le connaître. C’était une telle joie de travailler
avec lui, il était tellement professionnel. Il créait ses personnages, leur donnait des bases et puis décidait de leur prêter ses gants, son parapluie et il venait avec ses propres affaires… Et
Vincent Price aussi ! C’était extraordinaire de le regarder travailler sur « Docteur Phibes ». Malheureusement, je n’avais aucun dialogue avec lui : j’étais allongée dans un cercueil avec lui.
Nous y avons fait connaissance. C’était un merveilleux cuisinier, il venait le matin avec de délicieux pâtés…"
Pas dans le cercueil quand même ?!
"Non ! Juste avant, au petit-déjeuner, il demandait aux maquilleuses de faire de la place et il sortait ces
merveilles."
Est-ce que vous avez un film préféré parmi ceux que vous avez fait ?
"Ils ont tous été tellement différents et je peux honnêtement dire, la main sur le cœur, qu’il n’y en a pas un qui
m’ait déçu. Je me sens vraiment très chanceuse… Quand je fais un film, j’ai les yeux grands ouverts, j’arrive bien préparée, mais j’ai soif de continuer à apprendre, je me sens un peu comme une
éponge… Je n’ai pas de film préféré… Travailler sur le James Bond, c’était quelque chose d’énorme à l’époque, avec Roger Moore, Lewis Gilbert une de mes idoles, le directeur de la photographie
Claude Renoir… Travailler sur « Maniac », on ne pouvait pas faire plus à l’opposé : d’un énorme budget à un mini budget. Et « Sinbad » que j’adore –j’ai adoré travailler avec John Philip Law et
bien sûr Ray Harryhausen qui reste un ami très cher… Mais je crois que le personnage auquel, peut-être, je m’identifie le plus, ce serait Carla dans « Capitaine Kronos ». C’est peut-être mon
personnage préféré. Mais bien sûr,
Stella Star était
aussi fantastique. J’espère pouvoir en faire plus ! J’ai refait quelques films récemment, ma passion est intacte. J’avais arrêté pour élever mes enfants, parce qu’ils sont ce qu’il y a de plus
important dans ma vie. Je pense que si on a des enfants, c’est bien d’être présent, surtout la maman, alors je n’ai plus accepté aucun projet pendant quelques années."
Maintenant que vous êtes de retour, est-ce qu’il y a des réalisateurs cinéphiles qui viennent vous
proposer de faire des caméos, des apparitions dans leurs films ?
"S’ils le faisaient, ce serait merveilleux. Je ne peux pas dire qu’ils se bousculent devant ma porte, pas encore.
Il faut que je trouve un nouvel agent, parce que le mien, c’est triste, est mort. C’est un nouvel âge pour moi : je suis plus âgée, mais j’ai aussi plus d’expérience. J’aimerais travailler avec
Tim Burton –tout le monde veut travailler avec lui !- ou Tarantino, ou Rob Zombie… Je pourrais jouer n’importe quoi : je peux être une vieille bique, ça m’est égal, je ne suis pas vaniteuse
!"
Entretien réalisé à Strasbourg le 26 septembre 2008 par Jenny Ulrich
Caroline Munro Eighties
Pour accéder aux quelques morceaux chantées par Caroline Munro (dont "Warrior of
Love") en MP3, cliquez sur la pochette du 45 tours!
MàJ: 02/03/2010