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Le monde de Stef Pour cause de changement de version du logiciel de blog, mon blog est complètement sens dessus desous. Veuillez m'excuser pour la difficulté de lecture engendrée par ce fait ....

Fordlandia

Stef

Fordlandia

Une ville américaine en Amazonie

 




Hé non, ça sonne de la même manière mais ça n’a rien à voir avec un monde fantastique comme Dinotopia !

Fordlandia était un projet ambitieux, mais surtout irréfléchi qui a germé dans l’esprit de Henri Ford. Nous sommes à la fin des années 20, avant le crash de 1929. Ford vends des centaines de millier de voitures qui ont bien évidemment besoin de pneus. Qui dit pneu dit caoutchouc dont le marché est principalement tenu par les Britanniques en Asie.

Pour Ford, les Anglais vendent trop chers leur caoutchouc et espère bien trouver une source d’approvisionnement plus rentable. Il se tourne alors vers l’Amazonie, origine de la culture du Hevea brasiliensis.

En 1929, Ford achète 25 000 km2 de terrain le long de l’Amazone. Aussitôt du matériel lourd est envoyé et les travaux débutent. C’est une vraie petite ville au cœur de la jungle qui apparaît, avec ses services et ses magasins. Et comme Henri Ford n’était pas un mégalomane, il baptisa l’agglomération du nom de « Fordlandia ».

 

fordlandia 3

Quelques batiments de Fordlandia pris en photo en 1974.

 

Des milliers de personnes arrivèrent de toutes parts pour travailler dans ce nouvel « El Dorado ». Mais Ford avait défini un style de vie « sain » dans Fordlandia que les employés locaux n’appréciaient guère. La nourriture très américaine ne leur convenait pas, la prohibition d’alcool instaurée par le « boss » non plus.  Ford alla jusqu'à conserver les horaires des employés américains, inadaptés à ce lieu, qui obligeaient les ouvriers à travailler au plus gros de la chaleur. Et pour couronner le tout, ceux ci furent également victimes de la malaria.

 

 

fordlandia 4

  Les logements des ouvriers à l'époque de l'exploitation de Fordlandia. Peu d'entre eux avaient l'habitude de maisons en bois et la ville créée par Ford était pour eux d'un luxe jamais vu auparavant.

 


Bref, en décembre 1930, ils se révoltèrent et mirent Fordlandia sans dessus-dessous. L’armée brésilienne intervint et Ford menaça de renvoyer quiconque n’accepterait pas les conditions de travail de l’exploitation.

 Malheureusement, ce que les techniciens de Ford ignoraient, c’est que l’Hévéa ne pouvait être planté cote à cote comme en Asie, car ici, en Amazonie un champignon s’attaquait à lui et le faisait mourir. C’est pourquoi les arbres à caoutchouc poussaient espacés les uns des autres dans la nature, afin d’éviter les contagions. Le sol non plus n’était pas du tout propice à la culture de ce type d’arbre.

 

fordlandia

  Fordlandia vu du fleuve. D'anciens employés ou leurs enfants y habitent encore, refusant la disparition de la ville.


Les rendements de la plantation chutèrent bien vite et, conseillé par un botaniste, Ford acheta une autre exploitation à plus de 70 km de là. Les rendements furent meilleurs mais tous les efforts que firent les ouvriers pour obtenir une culture rentables restèrent vains et entre-temps, le caoutchouc synthétique avait été inventé. En 1945, Ford cessa toute activité dans le caoutchouc après avoir perdu 20 millions de dollars en Amazonie. Cependant, tout le monde n’a pas fait une mauvaise affaire, car il s’avéra que l’homme chargé de trouver le terrain pour batir Fordlandia en était l’ancien propriétaire. Il a trouvé une bonne poire avec Henri Ford !

 

De Fordlandia, il ne reste qu’une ville fantôme habitée par une poignée de personnes qui espèrent encore qu’elle renaitra un jour.

Commentaires

bardalyves 31/12/2009 12:47


J'ai vu un reportage à ce sujet un jour à la TV, c'était assez incroyable.


Stef 19/01/2010 19:56


Oui je suis tombé sur un documentaire à la télé et j'ai trouvé ça asez fascinant! L'émission parlait de tous les projets mis en place à travers le XXe siècle pour exploiter l'Amazonie. La plupart
ont avortés car souvent très mal pensés. La dictature a engendré également quelques réalisations assez insensées dans les années 60 et 70 au Brésil.